Organisation du travail à distance et création de supports pour les élèves.

D’abord un échantillon de témoignages, puis un document où il y en a davantage.

Question 1 De quelles difficultés principales souhaitez-vous témoigner dans l’organisation personnelle ?

-* La constante sollicitation par mails des familles ; et les empilements d’injonctions changeantes semaines après semaines de l’administration de tutelle : donc l’ajout de tâches supplémentaires en permanence, et l’impression danaïdienne de remplir un tonneau percé. Bref : c’est sans fin. La multiplication des supports de stockage et de récupération des travaux ; les envoies en exemplaires aux formats informatiques innombrables.

  • Un nombre considérable de mails à traiter chaque jour
    Des pièces jointes que je ne peux souvent pas ouvrir car je n’ai pas les bons logiciels sur mon ordinateur personnel
    Le sentiment de travailler tout le temps.
  • Manque de temps. j’ai l’impression de faire beaucoup d’administratif à récupérer le travail des élèves (j’ai allégé au fur et à mesure), sur les différentes possibilités de dépôt, surtout qu’au début l’ENT ne fonctionnait pas pour eux. Au départ, il a aussi fallu demander la création de codes ENT pour ceux qui n’en avaient, ce qui fait qu’ils ont pris du retard.
  • Des mails permanents et souvent inutiles mais destabilisants
  • Sans enfant, j’ai forcément moins de difficulté que certains collègues à me dégager du temps pour travailler. Cependant, la fatigue et le stress s’accumulent car les sollicitations et la disponibilité permanentes empêchent de séparer clairement vie privée et vie personnelle. Il n’y a pas de coupure nette entre les deux sphères. quand dois-je m’arrêter de travailler ?
    La pression personnelle que l’on peut se mettre est terrible : on passe sans cesse de Charybde en Sylla, de l’impression d’en faire trop et donc d’accabler les élèves, à celle de n’en faire pas assez et donc d’être jugée par les collègues, l’administration et soi-même. Le sommeil en vient à être troublé et peu réparateur.
  • Le choix du support ou du logiciel est tiré à plouf plouf par chacun dans son coin, en fonction des ses compétences et besoins propres. Et régulièrement il y en a un qui pense qu’il a trouvé une solution meilleure que les autres et qui essaye de l’imposer à tous : Moodle, la classe virtuelle, Zoom …
  • Il faut multiplier les versions car certains arrivent à ouvrir uniquement des documents world mais pas les pdf, d’autres, c’est l’inverse ; faire aussi une version avec des documents qui illustrent les propos et une version texte imprimable par les élèves afin qu’ils ne consomment pas trop d’encre. Il faut aussi multiplier les adresses d’envois en utilisant la messagerie professionnelle parce que certains parents ou élèves ne reçoivent pas ou n’arrivent pas à lire les messages sur l’ENT, notamment ceux qui n’ont qu’un téléphone portable pour se connecter.
  • Manque de temps. j’ai l’impression de faire beaucoup d’administratif à récupérer le travail des élèves (j’ai allégé au fur et à mesure), sur les différentes possibilités de dépôt, surtout qu’au début l’ENT ne fonctionnait pas pour eux. Au départ, il a aussi fallu demander la création de codes ENT pour ceux qui n’en avaient, ce qui fait qu’ils ont pris du retard.
    Difficultés à savoir comment organiser le travail à distance, à quel rythme, à voir comment les élèves s’organisent pour répondre au mieux à leurs besoins. Difficulté à créer des activités qui ne soient pas de simples lectures de cours. Beaucoup de temps de réflexion nécessaire pour concevoir en amont. Peur de laisser des élèves de côté si c’est trop difficile. Inégalités des élèves face aux moyens de réception : entre un smartphone et un pc, la faisabilité n’est pas la même. Peur de léser les élèves si on n’avance pas tout de même et manque de temps pour suivre les plus en difficultés. créer des activités en ligne (moodle) = chronophage.
  • Savoir quand couper et comment organiser le temps pour tenir.
    L’absence d’interaction fine empêche l’exercice d’enseignement.
    L’impression d’être sous le regard permanent des parents.« -* Je suis sans cesse tiraillée entre le besoin de rendre les élèves actifs dans leurs démarches en leur fournissant des documents exploitables qu’ils doivent eux-mêmes étudier, et le manque de guidage qu’offrent les outils à notre disposition. Aussi précises que soient les consignes, elle ne remplaceront jamais ma présence, la reformulation et l’explicitation répétée et diverse que je peux faire en cours. La mise en forme des supports me semble alors un vrai tonneau des Danaïdes : il y a toujours une définition à préciser, une démarche à indiquer, une image à fournir ! Où se trouve le juste milieu entre la simplicité et l’exhaustivité si »facilement" atteignable en présentiel, quand on sait que l’on pourra s’adapter et adapter le discours aux élèves.
    - La question de la correction des devoirs est d’autre part très problématique. J’imprime les devoirs et les corrige manuellement. Le coût d’impression est considérable, mais la correction sur le support numérique n’est pas toujours possible, souvent peu lisible ou fait disparaître les erreurs des élèves, qui ne peuvent retracer le cheminement qui les a menés à cette faute ou du moins comprendre précisément les modifications apportées.
    - De plus, les heures passées sur l’écran affectent ma santé : maux de tête, sècheresse et inconfort visuels, etc.
    - Quand et comment envoyer un corrigé ? Les devoirs arrivant « au compte-goutte » dois-je envoyer le corrigé après une semaine ? ou plus ? Pour le moment je ne fais que retourner les devoirs corrigés scannés en attente de questions éventuelles sans corrigé global dans l’espoir/ attente que productions d’élèves me parviennent.
    - J’aimerais me former à Moodle et d’autres outils mais je suis déjà fatiguée par les autres tâches, préoccupée par la situation de certaines de mes proches. On nous noie sous les mails et les notices de nombre d’outils et de références. Je n’ai pas le temps de les traiter, ni l’énergie, ni la disponibilité psychologique pour. S’ensuivent culpabilité et auto-dépréciation.

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