27 février 2010

Le SNES académique - Les sections départementales

Manifestation à Chaumont le 27 février 2010

La rentrée 2010 dans les collèges et lycées s’annonce comme la pire de toute. Jamais autant de postes n’ont été retirés à notre académie, à notre département. motif invoqué cette année le rééquilibrage, d’habitude c’était la baisse démographique cette année on rééquilibre . Mais comme toutes les Académies perdent des postes sauf une , que rééquilibre t’ on ?
La rentrée 2010 pour notre Académie se traduit par la suppression :
- de 183 postes dans les lycées et collèges de l’Académie pour la perte de 209 élèves soit la suppression d’1 poste à chaque perte de 1,1 élève.
 Pour les collèges et les SEGPA de Haute-Marne , la suppression de 17 postes pour la perte de 35 élèves , soit 1 poste par perte de 2 élèves.
(4 postes à St Saens, 1 à Nogent,2 à Joinville...)

C’ est aussi, pour les collèges, la fermeture de 14 classes qui va faire monter les effectifs par classe à 27,28,29, fermeture de 14 classes qui représente la disparition d’un collège comme Diderot Langres,Montier en Der, Clos Mortier à St Dizier.

Dans les Lycées, nous n’avons pas encore les chiffres exactes car la gestion est rectorale, nous savons déjà que Bouchardon perd 7 postes, le LP Ashton /Haut du Val 4,5 postes, St Ex 3 postes.

Le primaire perd 14 postes aussi.
Au total ce sont plus de 50 postes , 50 emplois supprimés dans notre département dans l’éducation Nationale. C’est pour la Haute-Marne l’équivalent d’une grosse PME.

C’est une véritable casse du service public de l’éducation qui est programmée et se met en marche. De la maternelle à l’université. Avec comme la poste l’ouverture à la concurrence décidée par l’Europe
En maternelle c’est la fin programmée de la scolarisation des 2 ans(nous en scolarisions plus de 50%, nous venons de passer sous la barre des 20), et l’ouverture des jardin d’éveil privés, de maison d’assistantes maternelles privées.

Au collège, ce sont des dotations horaires en baisse, des dotations de fonctionnement aussi. La menace de l’externalisation de certaines matières. Ex 2 départs à la retraite sur 3 en EPS ne sont plus remplacés. Le hors temps scolaire guette cette discipline ainsi que la musique et les Arts plastiques que l’on aimerait bien faire assurer par des intervenants extérieurs.

Dans les lycées, ce sont les derniers BEP et CAP qui disparaissent en LP, dans les lycées généraux technologiques sous la propagande ce sont plutôt des miettes:ex, bravo les 2 heures d’accompagnements personnalisés pour tous mais à combien ? 30 par classe ? Et si c’est à moyen constant c’est que l’on supprime autre chose.

La formation des maitres est reléguée à l’université, les nouveaux enseignants sont envoyés à plein temps directement sur le terrain sans formation, Avec la loi LRU le privé entre à l’université, les tarifs des inscriptions en master explose(4000E à Dauphine)

La casse du service public de l’Education c’est aussi :

- le recours massif aux précaires(contractuels, vacataires) qui sillonnent le département sans aucun frais de déplacement, exercent parfois dans des conditions très difficiles dues à leur absence de formation pédagogique. D’ailleurs, à ce sujet, nous aimerions savoir quelles mesures votre ministère va prendre pour concrétiser les propos du Président de la République lors d’un débat télévisé où il a évoqué la titularisation des contractuels.

- les congés maternité, formation, prévus de longue date, qui ne sont plus remplacés.

- La stagnation du recrutement des profs parallèlement à l’inflation des HSA, tandis que le privé voit ses postes augmenter de 230% avec les fonds publics.

C’est la dégradation de nos conditions de travail mais aussi la dégradation de l’offre éducative que notre pays doit à sa jeunesse,et des conditions d’apprentissage de nos élèves.

Avant de nous parler d’états généraux sur la violence, et de sanctuarisation des établissements scolaires, il conviendrait de s’interroger sur les causes de cette violence. Lorsque nous fabriquons de l’échec, chaque fois que le collège devient une machine à exclure, les adolescents qui le quittent sans formation deviennent de potentielles bombes à retardement.

Nous sommes lassés des discours tantôt culpabilisants, tantôt lénifiants. Nous voulons des moyens pour faire réussir les élèves. Nous ne voulons pas d’une société où seuls les plus riches pourraient accéder à une éducation de qualité.

C’est un premier pas aujourd’hui pour dire Non à la politique de ce gouvernement, nous avons d’autres rendez-vous importants prévus en Mars, ne les manquons pas et restons unis.